LA RONDE
Spectacle Annulé
Auteur : Arthur Schnitzler
Mise en scène : Karim OYARZABAL
D’après la traduction d’Élise ARPENTINIER
Création Lumières : Jérôme CHAFFARDON
Comédiens : Mlles Lara CHASLOT et Sophie FARAT
et MM. Jimmy AMZALLAG, Jean-Laurent BOUREL,
Antoine RAFFALLI et Karim OYARZABAL.
Du 8 au 31 Juillet à 12h40
Spectacle Annulé
LA RONDE, un pièce en dix dialogues
Pendant l’hiver 1896/1897, Arthur Schnitzler écrit une série de dix dialogues où à chaque fois un homme et une femme se tourne autour, se cherchent puis couchent ensemble. L’acte n’est pas représenté dans le texte, mais après l’amour l’est, et constitue ainsi la deuxième partie de chacune des scènes. On se regarde, on joue, on s’approche. Enfin on couche ensemble puis on se re-regarde alors mais bien différemment.
On retrouve chacun des personnages sur deux scènes, en tout cinq femmes et cinq hommes, d’où les dix scènes : dans la première scène un soldat couche avec une prostituée, dans la scène suivante on retrouve le soldat qui couche avec une employée de maison, laquelle couchera avec le fils de son patron dans la scène suivante, puis ce sera le fils du patron avec une jeune femme mariée et ainsi de suite jusqu’à retrouver dans le dixième dialogue la prostituée du début qui couche avec un homme du monde, un comte. On a ainsi une première ronde physique des personnages.
Les femmes : la prostituée, l’employée de maison, la jeune femme mariée, la fille facile et l’actrice
Les hommes : le soldat, le fils de bonne famille, le mari, l’écrivain et le comte
LA RONDE, une pièce qui fit scandale
Arthur Schnitzler est déjà un auteur à succès quand il écrit La LA RONDE. Il a déjà traité le thème du désir licencieux, mais de façon moins crue, dans le cycle d’Anatole, sept pièces d’un acte qui mettent en scène les épisodes amoureux d’un jeune dandy viennois, son double.
LA RONDE va plus loin. Arthur Schnitzler est très vite conscient de l’aspect licencieux de son texte et écrit dans son journal en 1897 : "de tout l’hiver, je n’ai écrit qu’une suite de scènes parfaitement impubliable et sans grande portée littéraire, mais qui, si on l’exhume dans quelques centaines d’années, jettera sans doute un jour singulier sur certains aspects de notre civilisation". Arthur Schnitzler ne souhaite pas représenter sa pièce.
Le texte est publié d’abord à compte d’auteur de façon confidentielle, puis en 1903 un éditeur allemand en publie une édition illustrée qui obtient un grand succès, 40.000 ventes. La censure allemande interdira le texte en 1904. Il faut attendre Vienne 1921 pour que la pièce soit enfin représentée. Le scandale est immédiat, il y a pugilat dans la salle, les soldats, les fils de bonnes familles, les maris, les écrivains et les comtes, un échantillon représentatif de la société bourgeoise qui constitue le coeur du public des théâtres se voit publiquement et pathétiquement dragouiller puis sauter sur des jeunes femmes que le savoir vivre leur demandait de garder à distance, le tout sans pudeur et sans fard.
Cette pièce sert alors d’argument antisémite pour les droites radicales et racistes des fascismes européens naissants. Arthur Schnitzler est juif, il fait lui même interdire la représentation de la pièce. Il demande à son fils d’en faire de même. La Ronde ne sera rejouée en salle qu’en 1982.
En France, LA RONDE est souvent associée au film qu’en tire Max Ophuls en 1950. Les personnages sont joués par des acteurs célèbres, tels que Simone Signoret (la prostituée), Danielle Darieux (la femme mariée) ou Gérard Philippe (le comte). Le film rencontre un grand succès public malgré une campagne de dénigrement de la critique.
LA RONDE est régulièrement représentée au théâtre depuis 1982, c’est un classique du répertoire de l’acteur contemporain.
La Ronde, un texte amoral
Il n’y a rien de mal à être et vivre comme une prostituée nous dit dans son texte Arthur Schnitzler. C’est le regard de l’homme qui pervertit la nature, c’est la morale édictée par les hommes qui nous fait porter un jugement.
Une femme nue et allongée sur un lit est d’abord une représentation du beau, de la lumière, c’est une créature de Dieu.
Chacun a ses raisons, l’auteur ni nous ne portons de jugement. Des personnages plus ou moins murs, plus ou moins conscients, se retrouvent face à face et se meuvent sous le joug de leurs pulsions animales. Nous en représentons parfois la violence sous-jacente, ou le ridicule.