Allah n’est pas obligé
FARCE CARNASSIÈRE
Mise en scène Laurent Maurel Assistante Marie Heuzé Avec Caroline Filipek & Vanessa Bettane Dramaturgie Eloïse Brezault Conception Vidéo Guaritoto Gonzalez Lumières Bruno Brinas Collaboration à la scénographie Teddy Parra Musique Fredéric Ozanne Musique parade Benoit Simon Allah n’est pas obligé d’Ahmadou : Éditions du Seuil Montage texte de Eloïse Brezault & Laurent Maurel Administration Gingko Biloba.
Avec le soutien de Gare au Théâtre Vitry Sur Seine et de la Foire St Germain
L’AUTEUR
Ahmadou Kourouma est un auteur ivoirien (appartient à l’ethnie des Malinkés), il est né en 1927. Après des études secondaires, il part à Bamako au Mali pour intégrer l’Ecole Technique Supérieure. Mais en 1949, il se voit contraint de se mettre au service de l’armée française. Il s’envole pour l’Indochine, où ilservira en tant que tirailleur pendant quatre ans. Remercié pour ses bons et loyaux services, Ahmadou Kourouma peut alors se concentrer à nouveau sur ses études. Il réussit haut la main le concours d’entré de L’Ecole de Construction Aéronautique et Navale de Nantes. Mais faute de débouchés, il doit reconsidérer ses ambitions et opte finalement pour la voie des assurances en intégrant l’Institut des Actuaires de Lyon. En 1960 la Côte d’Ivoire devient indépendante. C’est l’occasion pour Ahmadou, marié depuis peu à une Francaise, de retourner sur sa terre natale. Mais il est emprisonné en 1963 car il est accusé de comploter contre Houphouët-Boigny. À sa libération, il écrit Les soleils des indépendances, d’abord publié au Canada car les éditions du Seuil avaient refusé le manuscrit, trop déconcertées par l’utilisation du français qu’en proposait l’auteur. Publié à Montréal en 1968, le manuscrit reçut le « Prix de la franci té ». Ce succès édi-torial incita alors en 1970 les Éditions du Seuil à racheter le livre qui s’est vendu, depuis lors, à quelques 100 000 exemplaires. Ahmadou Kourouma
La pièce
Parti à la recherche de sa tante en compagnie de Yacouba le multiplicateur de billets, Birahima raconte sa vie d’enfant-soldat dans les guerres de Sierra Léone et du Liberia. Ce roman est l’occasion de présenter les principaux présidents et chefs militaires de Sierra Leone comme Milton Margaï, Big Albert, Juxton Smith, Siaka Stevens, Joseph Momoh, Valentine Strasser, Julius Manada Bio ou Ahmad Tejan Kabbah, qui se succèdent à la tête du pays, telles des marionnettes identiques animées par une seule chose : la soif de pouvoir. Birahima nous retrace la chronologie des coups d’état et des élections : les uns succèdent aux uns et la situation politique du pays est toujours « le bordel au carré » . La sauvegarde du pays ne semble pas venir de la politique, qui est une affaire d’alliances, de coups d’état et de diamants. Dans cette succession ininterrompue d’hommes politiques corrompus, Birahima s’arrêtera plus précisément sur la biographie de Foday Sankoh, un des rebelles qui tient « la Sierra Leone utile » et qui veut à tout prix le pouvoir. Foday Sankho semble le personnage emblématique de cette guerre, de la même manière que Taylor, Samuel Doe et Prince Johnson deviennent représentatifs de la guerre au Liberia. Ils font d’ailleurs l’objet d’une biographie plus détaillée, qui retrace année par année la liste de leurs exactions. Ces « bandit[s] de grand chemin » comme les appelle Birahima incarnent la fin des idéologies et l’arrivée sur le devant de la scène des seigneurs de la guerre qui règnent en maître sur une zone de non droit. Ils n’ont pas d’existence véritable, ils ne font pas l’objet d’une description physique : ils se résument à leurs seules actions. Pour raconter sa vie, son "blablabla", Birahima dispose de quatre dictionnaires, afin d’expliquer les mots difficiles. Des guerres tribales du Liberia, du "bordel au carré" de Sierra Leone, Ahmadou Kourouma ne cache rien. Les children-soldiers tombent, les fillettes se font violer, les habitants massacrer, les prisonnierstorturer. Mais avec les mots de Birahima, le récit évite une dramatisation sur laquelle il aurait été "facile" de jouer. Allah n’est pas obligé fait parfois sourire, et même rire.







